Le cinéma muet porte mal son nom.

Il n’avait pas de dialogues enregistrés, mais les projections étaient très souvent accompagnées par des musiciens.

Un siècle plus tard, le ciné-concert ne cherche donc pas seulement à ajouter une bande-son moderne à de vieilles images.

Il réactive l’une des expériences originelles du cinéma : chaque projection peut posséder sa propre respiration musicale.

Le Festival International des Musiques d’Écran, créé en 2005, déploiera son édition 2026 du 31 octobre au 8 novembre à travers Toulon, Ollioules, Six-Fours-les-Plages, Hyères, La Valette-du-Var, La Garde et Le Pradet. Métropole Toulon Provence Méditerranée

Tati, Keaton, Vertov…

L’ouverture aura lieu au Liberté à Toulon avec « Trafic » de Jacques Tati accompagné par le trio électro-pop Temps Calme.

Le lendemain, Buster Keaton et « Sherlock Junior » rencontreront le jazz du trio Yoshiwara à Ollioules.

Le 3 novembre, « L’Homme à la caméra » de Dziga Vertov fera l’objet d’une création au cinéma Le Royal à Toulon, avec Yaguara aux platines et Benoît Bottex aux synthétiseurs. Métropole Toulon Provence Méditerranée

À Six-Fours, « Monte là-dessus » sera accompagné par William Guyard et le Collectif Pigments. À Hyères, « Soy Cuba » rencontrera la batterie, la guitare et l’électronique de la Compagnie SZ. « La Foule » de King Vidor sera projeté à La Valette, avant une soirée Jean-François Zygel à La Garde et une clôture au Pradet autour des « Aventures du Prince Ahmed » de Lotte Reiniger. Métropole Toulon Provence Méditerranée

Regarder un film que l’on croyait connaître

Le principe du ciné-concert produit un phénomène particulier.

L’image reste la même.

Le film, lui, change.

Une scène peut devenir plus inquiétante, plus légère ou plus mélancolique selon ce que les musiciens décident de faire.

Le spectateur redécouvre alors que la musique de cinéma n’est jamais un simple papier peint sonore.

Elle dirige le regard.

Elle crée l’attente.

Elle peut même modifier notre compréhension d’un personnage.

Un festival réellement métropolitain

L’autre particularité du FiMé est géographique.

Plutôt que de concentrer toute sa programmation dans un lieu unique, le festival circule entre plusieurs communes.

Ce déplacement est cohérent avec son sujet.

Les films voyagent à travers le temps ; les musiciens les déplacent par le son ; le festival lui-même se déplace à travers le territoire.

Du 31 octobre au 8 novembre, la métropole deviendra ainsi une sorte de grande salle de cinéma fragmentée en plusieurs écrans.

Avec, à chaque fois, des musiciens au pied de l’image.