La science peut commencer avec une équation.
Elle peut aussi commencer avec ce que l’on a dans son assiette.
Pour son édition 2026, la Fête de la science a choisi à Toulon le thème « Saveurs Savantes ». La programmation se déroulera du 2 au 12 octobre et restera gratuite, conformément au principe national de la manifestation.
Le sujet alimentaire possède une qualité rare pour la médiation scientifique : tout le monde possède déjà une expérience du phénomène.
Nous mangeons, cuisons, mélangeons, conservons et digérons sans nécessairement penser à la chimie, à la physique ou à la biologie qui accompagnent ces gestes.
Du neurone à la pâte d’amande
La programmation toulonnaise joue précisément avec cette proximité.
À la médiathèque Chalucet, un atelier « Alimentation et corps humain » est prévu le 3 octobre avec Les Chercheurs en herbe. Le 10 octobre, La Marmite Gourmande proposera successivement un atelier autour des rouleaux de printemps et samoussas puis deux séances consacrées à la pâte d’amande. Au Port-Marchand, Les Petits Débrouillards ont notamment prévu un « Carpaccio de neurones ».
Les intitulés sont volontairement accessibles, parfois ludiques.
C’est tout l’enjeu de la manifestation : faire comprendre qu’un sujet scientifique ne devient pas moins sérieux lorsqu’on trouve un moyen plus familier de l’aborder.
La Maison de la Créativité accueillera également une Nuit de la Science le 2 octobre, tandis que le Port des Créateurs organisera du 2 au 8 octobre un Forum Arts, Sciences et Territoires.
Sortir la science du laboratoire
La Fête de la science existe précisément pour réduire une distance.
Dans l’imaginaire collectif, la recherche est encore souvent associée à des équipements spécialisés, un vocabulaire difficile et des lieux auxquels le grand public n’a pas accès.
Installer des expériences dans une médiathèque, une maison de la créativité ou un espace culturel change le décor et, par conséquent, la relation du public au savoir.
L’alimentation accentue encore ce mouvement.
Une réaction chimique peut sembler abstraite sur un tableau. Elle l’est beaucoup moins lorsqu’elle explique pourquoi une pâte gonfle, pourquoi une texture change ou ce qui se passe lorsqu’un aliment entre dans notre organisme.
Une culture scientifique du quotidien
L’intérêt éditorial de « Saveurs Savantes » se situe peut-être là : rappeler que la culture scientifique n’est pas séparée de la culture tout court.
Elle intervient lorsque nous lisons une étiquette, discutons d’alimentation, essayons de comprendre notre corps ou devons distinguer une affirmation crédible d’une promesse fantaisiste.
Du 2 au 12 octobre, Toulon utilisera donc la cuisine comme un laboratoire à ciel ouvert.
Et pour une fois, comprendre la science pourra très concrètement commencer par goûter.